Cette histoire du 100e singe est impressionnante par les informations qu'elle enseigne. La voici :

     En 1952, des scientifiques sont allés effectuer des recherches sur l’île de Koshima. Alors qu’ils mangeaient le midi, ils avaient pris l’habitude de donner des patates douces à manger aux singes qui venaient les voir. Pour ce faire, ils les lançaient sur le sol devant les macaques. Ces derniers les ramassaient et s’en nourrissaient. Mais les patates ayant roulé sur le sol étaient recouvertes de sables et de poussières ce qui les rendaient désagréables à manger. 

      C’est alors qu’une jeune femelle eut l’idée de laver ses patates dans un ruisseau avant de les consommer. Sur son modèle, ses congénères se mirent aussi à faire de même.

      Ensuite deux phénomènes incroyables se produisirent :

1. Le nombre des singes laveurs augmenta peu à peu, jusqu’à ce qu’un centième singe (nombre symbolique et arbitraire) se mette à nettoyer ses légumes avant de les consommer. C’est alors que tous les singes de la tribu commencèrent à suivre cet exemple... ce qui jusque là est logique.

2. Mais le plus incroyable est que les singes vivant sur les autres îles ainsi que sur le continent commencèrent eux aussi à laver leurs patates avant de les manger alors qu’ils n’avaient aucun contact avec les singes de l’île de Koshima.

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Quelles conclusions pouvons-nous tirer de cette histoire ? 

-  La première est qu’il suffit qu’une fraction (une minorité) de la population change de paradigme pour entrainer l'ensemble de la population. Il ne serait donc pas indispensable qu’il y ait une majorité pour changer les choses.

- Le changement peut se faire en douceur sans violence, ni guerre.

- La pensée traverse de grandes distances pour aller s’inscrire dans l’esprit des individus ainsi que sans doute de tout l’environnement. Ainsi notre pensée ne reste pas enfermée dans notre tête. Elle rayonne autour de nous et peut influencer les autres. 

- Signalons que dans cette histoire, ce fut une jeune femelle qui prit l’initiative d’explorer et d’amener de la nouveauté. La jeunesse avec ses remises en cause est la source de nombreux progrès parce qu’elle n’est pas arrêtée par les habitudes et les idées préconçues. Comme le disait très justement Max Twain : « Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait » !

 

Cette histoire indique que si un groupe change de paradigme et s'il est actif, il peut changer la pensée de la population globale. Des pensées d'amour peuvent constituer ce changement de mentalité. Car nous sommes puissants... notre pensée est puissante... à nous d'utiliser cette capacité à bon escient.

Luc Bodin